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* * *

 

Le jour d’après…

 


Dis-moi Marie
quand l’aventure a-t-elle
vraiment commencé ?
Était-ce quand l’ange
au montant de ta porte a frappé ?


- Non mon ami-e
ce n’est pas sa visite
qui m’a vraiment étonnée.


Déjà je connaissais son nom
comme pour un familier,
et les pauvres
avec qui depuis toujours j’attendais
m’avaient accoutumée à l’idée
que Dieu ne laisse pas filer les années
sans envoyer par grâce des messagers.


Dis-moi Marie
quand l’aventure a-t-elle
vraiment commencé ?
Était-ce quand le Puissant
t’a appelée « Bien-aimée » ?

 

- Non mon ami-e
ce n’était pas encore l’aventure
mais son prélude, son ouverture.
Je savais qu’avant ma naissance déjà
le Très-Haut m’appelait « Bien-aimée ».


Mais ce qui m’a laissée totalement surprise,
c’est sa JOIE
qui irradiait l’espace
et roulait en vagues sur les siècles
la JOIE qui emplissait sa voix
lorsqu’il m’a saluée,
lorsqu’il m’a comme soulevée, fortifiée
et qu’il m’a presque ordonné :
« RÉJOUIS-TOI ! ».


Dis-moi Marie
quand l’aventure a-t-elle
vraiment commencé ?
Était-ce lorsque Dieu t’a choisie
pour porter vers nos jours
son Fils, l’Unique qui est de toujours ?

 

- Non mon ami-e
ce n’était pas encore l’aventure
mais l’appel à ma liberté
et ma volonté merveilleusement
convoquée.


C’était l’heure du dialogue
où ma vérité livrée
toute entière dans une question
s’est appuyée pour toujours
sur l’amour du Tout-Puissant.


Dis-moi Marie
quand l’aventure a-t-elle
vraiment commencé ?
Était-ce à l’instant où l’ange t’a quittée ?

- Non mon ami-e
ce n’était pas encore l’aventure
mais le seuil où demeurait vibrante
l’ombre du messager.


Dans le silence mon être se rassemblait
et mon cœur se dilatait,
ma vie se disposait
et ma JOIE se nourrissait.
Il y eut le soir,
chanta la nuit,
et vint le jour d’après.

 

Dis-moi Marie, est-ce ce jour ?...

 
- Oui mon ami-e, ce jour d’après…
c’est en ce jour que l’aventure a commencé.
Le monde alentour demeurait pareil
mais en moi une vie nouvelle
tissait sa présence
plus saisissante que l’aurore radieuse,
plus bouleversante que la proximité
discrète et soudaine de l’ange…


C’est en ce jour d’après
que l’aventure a commencé.
Je progressais vers les montagnes de Judée,
comme on suit une étoile je me hâtais
vers Elisabeth que l’ange m’avait recommandée.

En chemin j’ai croisé
les soldats de mon pays occupé
leur nombre ne m’a pas impressionnée.
Passant au milieu d’eux
j’avais le cœur à chanter
je portais en ce monde
la JOIE qui lui est destinée :
le Fils Unique, le Prince de la Paix.


Pasteur Jean-Philippe Calame

 

 

 

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